Robert Mantran comme Jean-Paul Roux, sont les plus grands spécialistes de l’histoire de la Turquie. Jean Paul Roux est plus spécialisé sur l’histoire des Turcs. Leurs livres sont encore les plus grandes références pour comprendre la Turquie !

47 – Histoire d’Istanbul, Robert Mantran

Il n’y a aucune ville au monde à qui ont été dédiés autant de poèmes et de chansons qu’ İstanbul !

ISTANBUL MON AMOUR

Constantinople mon amour,
Tu es venue pour m’accueillir
Comme pour mon dernier séjour
Avec un présent à m’offrir !

La douce lueur dans tes yeux,
Parée de tes plus beaux atours,
Tu es belle comme le jour
Et tu brilles de mille feux !

Tu rends hommage à la tulipe,
Fleur adulée des Ottomans,
Joyau des jardins des Sultans

Ô Istanbul tu es magique !
Jour et nuit tu es magnifique,
Ornée de mille et une tulipes !

Dina Tidjani

Histoire d’Istanbul – Robert Mantran

Byzance, Constantinople, Istanbul : sous ses trois noms, la seule ville au monde à être bâtie sur deux continents semblait « faite pour dominer et commander à toute la terre».

Au IVe siècle, Constantin y installe la capitale de l’Empire romain d’Orient pour y édifier une «nouvelle Rome ». Deux siècles plus tard, Justinien y réalise son rêve politique et fait construire Sainte-Sophie dont la perfection illustre aujourd’hui encore la grandeur de la capitale de l’Empire byzantin. Malgré les querelles religieuses qui l’agitent, la ville devient la plus grandiose de la chrétienté et le plus grand marché de l’Occident. Sa richesse provoque l’admiration des croisés, puis bientôt leur convoitise. Ils en font l’éphémère capitale de l’Empire latin d’Orient ( 1204-1261), mais la pillent de fond en comble. Constantinople ne s’en relèvera jamais.

En 1453, le sultan ottoman Mehmed Il s’en empare. Palais, mosquées, bains, bazars transforment petit à petit la ville grecque en ville turque. Elle devient le cœur du monde musulman à l’époque de Soliman le Magnifique. La magnificence du Grand Turc, la splendeur de sa capitale et les mystères de Topkapi éveillent la curiosité des visiteurs étrangers qui s’étonnent du « bon gouvernement des Turcs, bien meilleur que le nôtre ».

Au XVIIIe siècle, sous l’effet des luttes du Palais, le prestige de la Sublime Porte s’effrite. Une nouvelle manière de vivre apparaît alors : cafés, théâtres d’ombres se multiplient tandis que les rives du Bosphore se couvrent de yalis. Peu à peu, la cité passe de l’ottomanisme au cosmopolitisme. Les capitaux étrangers affluent, tout comme les romantiques et les archéologues. L’inauguration de l’Orient-Express, en 1883, accompagne la publication de guides touristiques…

En moins d’un siècle, la vieille cité ottomane, déchue de son rôle politique dès les débuts de la République turque, allait devenir une mégapole bruyante et désordonnée, mais ses innombrables monuments nous disent encore sa gloire passée.

Histoire d’Istanbul – Robert Mantran
Éditions Librairie Arthème Fayard – 1996
ISBN : 978-2-702-80932-7 – 382 pages